3:28 - Jeudi juillet 31, 2014

Analyse : 2012 crise au Moyen Orient : Les moyens d’existense

Les économies qui ont été durement frappées par le Printemps arabe, l’Egypte, le Yémen, la Syrie et la Tunisie, ont peu de chances de se relever en 2012, estime Walid Khadduri, consultant pour le magazine Middle East Economic Survey.

« Une bonne partie de l’argent, arabe comme international, promis à ces pays n’est pas vraiment arrivé, » a indiqué M. Khaduri, « et il y a peu de chances que les investisseurs étrangers reviennent immédiatement, étant donné l’instabilité prolongée. »

Déficit budgétaire et manque à gagner fiscal

En Egypte, par exemple, la combinaison de l’accroissement du déficit budgétaire (150 milliards de livres égyptiennes, soit presque 25 milliards de dollars) et du manque à gagner fiscal va réduire la capacité du gouvernement à subventionner les denrées de base cette année, contribuant ainsi à exacerber pauvreté et malnutrition, selon Yumn Al Hamaki, professeur d’économie à l’Université Ain Shams.

Même dans les pays qui ont de l’argent, comme l’Irak (avec une prévision de 100 milliards de dollars de revenus pétroliers) et la Libye (qui est censée avoir retrouvé d’ici juin le niveau de production de pétrole d’avant la guerre), la population ne bénéficie pas nécessairement de la richesse, a indiqué M. Khaduri, à cause de la corruption et de l’absence d’un gouvernement en état de fonctionnement.

Défi majeur pour la région

Le chômage des jeunes, qui ont été un moteur essentiel du Printemps arabe, reste un défi majeur pour la région : plus de la moitié de la population des Etats arabes est constituée de jeunes de moins de 25 ans et le taux de chômage de cette tranche d’âge dépasse largement la moyenne mondiale.

Un quart des Egyptiens ayant acquis un diplôme universitaire et 30 pour cent des diplômés tunisiens ne peuvent trouver de travail à plein temps, selon le Rapport sur le développement humain 2011 (RDH) du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

 

En savoir plus sur l’analyse 2012 Moyen Orient

La Syrie

La promesse faite le 10 janvier par le Président Bashar al-Assad de combattre les « terroristes » avec une « poigne de fer » suggère aux activistes syriens que la répression ne peut qu’empirer et cela les inquiète. Selon les Nations Unies, plus de 5 000 civils et déserteurs ont probablement été tués jusqu’à présent ; le gouvernement, quant à lui, indique que 2 000 membres des forces de sécurité ont été victimes des violences…

Irak, Iran et Israël

Les analystes avertissent que la nature de plus en plus violente et sectaire du conflit syrien contribue déjà aux violences en Irak, qu’elle pourrait provoquer un conflit au Liban, en Israël dans le Territoire occupé et/ou en Iran, et pourrait faire éclater une guerre régionale….

Gaza

Les Israéliens pourraient également essayer d’affaiblir le Hamas, le groupe militant qui contrôle la bande de Gaza et qui s’est trouvé renforcé par la montée des islamistes modérés en Egypte, en Tunisie et au Liban. Les chefs militaires israéliens ont déjà averti qu’une attaque de Gaza, comme celle de l’Opération Plomb durci de 2008-2009 est de plus en plus vraisemblable. Ron Gilran, directeur du service de renseignement à Max Security Solutions, une société de conseil en gestion des risques basée au Moyen-Orient, va même plus loin et décrit cette intervention comme « inévitable ».

Le Yémen

La décision du président yéménite Ali Abdullah Saleh de se retirer en février a mis fin aux manifestations massives qui avaient balayé la capitale Sanaa et d’autres villes, mais les observateurs ne sont pas convaincus que les choses puissent se résoudre de manière pacifique…

Les Contre Révolutions en Egypte et Libye

Dans les pays où les soulèvements ont réussi à chasser les dictateurs du pouvoir, la transition n’a pas été aussi douce que beaucoup l’avaient espéré.

La rareté des ressources naturelles

La région arabe est la plus aride au monde : un quart de la population y vit en effet sur des terres qui ne peuvent pas être cultivées de façon productive, un taux supérieur à celui de l’Afrique subsaharienne, a révélé le Rapport sur le développement humain 2011. Les problèmes d’approvisionnement en eau affectent plus de 60 pour cent des populations extrêmement pauvres de la région, a ajouté le Rapport. La pollution urbaine dans les Etats arabes est pire que n’importe où ailleurs dans le monde et c’est là aussi que le degré de dépendance des énergies fossiles est le plus élevé…

 

Aller plus loin avec notre dossier Moyen Orient

Filed in: Dossier Moyen Orient