3:39 - Lundi septembre 1, 2014

Analyse : 2012 crise au Moyen Orient : La rareté des ressources naturelles

La région arabe est la plus aride au monde : un quart de la population y vit en effet sur des terres qui ne peuvent pas être cultivées de façon productive, un taux supérieur à celui de l’Afrique subsaharienne, a révélé le Rapport sur le développement humain 2011.

Les problèmes d’approvisionnement en eau affectent plus de 60 pour cent des populations extrêmement pauvres de la région, a ajouté le Rapport. La pollution urbaine dans les Etats arabes est pire que n’importe où ailleurs dans le monde et c’est là aussi que le degré de dépendance des énergies fossiles est le plus élevé.

Empirer

« Les gens sont davantage préoccupés de sécurité et de savoir comment gérer les soulèvements et les nouvelles constitutions. L’eau, l’énergie et la sécurité alimentaire ne sont pas des priorités, » explique Rabi Mohtar, directeur exécutif de l’Institut de recherche sur l’environnement et l’énergie (QEERI) du Qatar.

« Nous étions déjà en situation de crise. Et maintenant cela va encore empirer. »

Vivre sur des terres dégradées

Au Soudan et au Maroc, près de 40 pour cent de la population vit sur des terres dégradées, soit le quadruple de la moyenne mondiale, ce qui, selon le RDH, affecte sévèrement la capacité à long terme de subvenir aux besoins alimentaires. En Irak, plus de la moitié de la population n’est pas satisfaite de son approvisionnement en eau, a ajouté le rapport. En Egypte, les agriculteurs vont avoir plus de mal à trouver l’eau nécessaire à l’irrigation des champs.

« Notre population continue à s’accroître, mais notre part de l’eau du Nil, elle, n’augmente pas, » a fait remarquer Maghawry Shehata, conseiller auprès du ministre égyptien de l’Irrigation.

Défis majeurs : croissance démographique et urbanisation

Les pays de la région sont sujets à la sécheresse et vulnérables aux effets de plus en plus tangibles du changement climatique : érosion, désertification et sévères pénuries d’eau pourraient exacerber encore les difficultés des pays arabes, a averti le RDH. La région doit de surcroît faire face à deux défis majeurs, la croissance démographique et l’urbanisation.

« Nous sommes ici face à une catastrophe à évolution lente, mais c’est très inquiétant, » explique Abdul Haq Amiri, directeur d’OCHA au Moyen-Orient.

Malnutrition croissante

Le Yémen et l’Egypte manifestent déjà des signes d’une malnutrition croissante. Aux Emirats Arabes Unis, au Qatar, au Bahreïn et en Arabie Saoudite, la consommation d’eau est plusieurs fois supérieure au taux de durabilité ; la Jordanie et la Syrie sont à la limite de l’épuisement de leurs ressources renouvelables. Cette situation « accroît les tensions au sein des pays et avec les pays voisins, » indique le HDR.

Les conflits entre l’Egypte et les autres pays du Bassin du Nil ne peuvent que s’aggraver, alors que certains de ces pays, dont l’Ethiopie, réalisent leurs plans de construction de barrages sur le Nil qui risquent d’affecter la part revenant à l’Egypte, a dit M. Shetata. La position du Soudan du Sud, Etat nouvellement créé, et celle du nouveau régime militaire égyptien sur la question demandent encore à être éclaircies et pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre.

 

En savoir plus sur l’analyse 2012 sur le Moyen Orient

La Syrie

La promesse faite le 10 janvier par le Président Bashar al-Assad de combattre les « terroristes » avec une « poigne de fer » suggère aux activistes syriens que la répression ne peut qu’empirer et cela les inquiète. Selon les Nations Unies, plus de 5 000 civils et déserteurs ont probablement été tués jusqu’à présent ; le gouvernement, quant à lui, indique que 2 000 membres des forces de sécurité ont été victimes des violences…

Irak, Iran et Israël

Les analystes avertissent que la nature de plus en plus violente et sectaire du conflit syrien contribue déjà aux violences en Irak, qu’elle pourrait provoquer un conflit au Liban, en Israël dans le Territoire occupé et/ou en Iran, et pourrait faire éclater une guerre régionale….

Gaza

Les Israéliens pourraient également essayer d’affaiblir le Hamas, le groupe militant qui contrôle la bande de Gaza et qui s’est trouvé renforcé par la montée des islamistes modérés en Egypte, en Tunisie et au Liban. Les chefs militaires israéliens ont déjà averti qu’une attaque de Gaza, comme celle de l’Opération Plomb durci de 2008-2009 est de plus en plus vraisemblable. Ron Gilran, directeur du service de renseignement à Max Security Solutions, une société de conseil en gestion des risques basée au Moyen-Orient, va même plus loin et décrit cette intervention comme « inévitable ».

Le Yémen

La décision du président yéménite Ali Abdullah Saleh de se retirer en février a mis fin aux manifestations massives qui avaient balayé la capitale Sanaa et d’autres villes, mais les observateurs ne sont pas convaincus que les choses puissent se résoudre de manière pacifique…

Les Contre Révolutions en Egypte et Libye

Dans les pays où les soulèvements ont réussi à chasser les dictateurs du pouvoir, la transition n’a pas été aussi douce que beaucoup l’avaient espéré.

Les moyens d’existense

Les économies qui ont été durement frappées par le Printemps arabe, l’Egypte, le Yémen, la Syrie et la Tunisie, ont peu de chances de se relever en 2012, estime Walid Khadduri, consultant pour le magazine Middle East Economic Survey.

 

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