Le bilan véritable de la guerre entre Colombo et les tigres tamouls aurait été étouffé par les Nations Unies. C’est le quotidien français Le Monde qui a réalisé une enquête sur les manquements de l’ONU dans cette affaire.
Selon les auteurs de l’enquête, la hiérarchie de l’ONU a disposé de preuves accablantes sur des exactions de l’armée sri lankaise, qui n’ont pas été publiées et utilisées, et ce afin de ne pas compromettre les activités de l’ONU au Sri Lanka pendant le conflit. Le terme de « bain de sang » n’a été utilisé par l’ONU qu’à la fin du conflit, alors que les agissements de l’armée sri lankaise ont mis en danger la population prise au piège dès le début de l’offensive. Preuve de ce manque de transparence, le refus de l’ONU de publier le bilan des victimes de la guerre.
20 000 victimes
Des chiffres non officialisés par la hiérarchie de l’ONU, mais collectée par l’organisation sur le terrain, portent le nombre de victimes du conflit entre le 20 janvier et le 13 mai, soit une semaine avant l’assaut final, à 7 720 morts dont 678 enfants et 18 465 blessés dont 2 384 enfants. Ces chiffres ont été communiqués à la presse, alors que les chiffres officiels de l’ONU n’indiquaient que 2 800 morts, des chiffres que les responsables locaux de l’ONU jugent « peu crédibles ».
Ces chiffres ne tiennent pas compte des victimes des combats de la dernière semaine de l’offensive, qui selon les employés locaux de l’ONU porterait le bilan définitif de la guerre à 20 000 victimes.
