3:39 - Samedi mai 25, 2013

Afrique : la météo et la banque se développent grâce au téléphone mobile

africaphonebanLe téléphone mobile est en très forte croissance dans les pays en voie de développement. De 50 millions d’usagers africains en 2003, le marché est passé à 270 millions en 2007 selon GSMA. Mais au-delà de la simple communication téléphonique, les usages se multiplient, avec le plus souvent de l’innovation à la clé.

Premier exemple avec le fabricant de téléphone Ericsson, qui met en place un projet, nommé Weather Info for All, qui doit permettre d’améliorer les prévisions météorologiques, grâce aux téléphones portables.

Changement climatique et météorologie

Ce projet réalisé en partenariat avec l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’opérateur de téléphonie mobile Zain et l’Institut de la Terre de l’Université de Columbia, part du principe que le changement climatique perturbe les prévisions météorologiques dans les pays en voie de développement.

De fait, les connaissances traditionnelles sur les périodes de saison des pluies sont mises à mal par le chaos météorologique provoqué par le changement climatiques qui impacte depuis plusieurs années les pays en voie de développement.

5 000 nouvelles stations automatiques

Par ailleurs, les informations météorologiques classiques fournies par les services nationaux sont assez pauvres. A titre de comparaison, « l’Afrique dispose d’un réseau de stations météorologiques huit fois moins étendu que ce que prévoient les recommandations minimum de l’OMM et compte moins de 200 stations météorologiques conformes aux exigences d’observation de l’OMM » signale Ericsson.

Weather Info for All propose donc de déployer 5 000 nouvelles stations automatiques de surveillance météorologique dans toute l’Afrique. Ces stations seront installées sur des sites de téléphonie mobile existants ou nouveaux dans tout le continent au cours des années à venir. Le reporting des informations sera envoyé automatiquement aux responsables nationaux de météorologie via le réseau téléphonique.

Tab-3-Practical-Action_smallLes opérateurs de téléphonie mobile seront eux en charge de la maintenance des stations météo automatiques et participeront à la transmission des données aux services nationaux de météorologie.

Le déploiement initial a déjà commencé, et se concentre sur les régions du Kenya, de la Tanzanie et de l’Ouganda.

Selon un rapport publié par le Forum humanitaire mondial, le réchauffement climatique, en raison principalement de son impact sur la santé et sur la production agricole, serait responsable de quelque 300 000 décès par an et entraînerait des pertes économiques de plus de 100 milliards de dollars. Près d’un quart de ces pertes touchent l’Afrique sub-saharienne à elle seule, cette région étant la plus immédiatement exposée aux risques de sécheresse et d’inondations. Or, la survie de près de 70 % des Africains repose sur l’agriculture, et l’agriculture africaine dépend à plus de 95 % du niveau de précipitations.

Services bancaires par téléphone

Autre projet d’ampleur qui prend son essor notamment en Afrique de l’Ouest, l’arrivée des services de banque en ligne via le téléphone portable.

Actuellement en test au Sénégal, déjà testé en Côte d’Ivoire, Orange money est un service de paiement qui utilise directement le réseau de téléphonie mobile. Cette offre est un moyen efficace pour les banques de trouver de nouveaux clients, et ce dans des pays où le taux de bancarisation sont faibles. Il est de 7% en Côte d’Ivoire.

Face à cette faible pénétration des banques, celle des téléphones mobiles sont bien plus impressionnantes : en 2007, 434 millions de Subsahariens, c’est-à-dire plus de 60 % de la population résidaient dans des zones couvertes par les réseaux de téléphonie mobile. Toujours en 2007, l ‘Afrique subsaharienne comptait 162 millions d’abonnés, soit un taux de pénétration de 37 %.

D’où l’idée de s’appuyer sur le téléphone pour proposer les avantages d’une banque. Concrètement, les services bancaires par téléphone proposent d’effectuer des paiements de facture, des transferts, des dépôts et des retraits. L’ensemble des ordres sont passés par SMS, et un code personnel est utilisé pour authentifier l’auteur des transactions, sécurisée par le protocole USSD (Unstructured Supplementary Service Data).

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