5:03 - Mercredi février 8, 2012

Pékin et Taïwan échangent officiellement après 60 ans de crise

1896_map_of_TaiwanC’est une grande première. La Chine et Taïwan viennent lundi dernier d’échanger leurs premiers messages officiels directs depuis 60 ans. Ces messages ont été transmis à l’occasion de la réélection la veille du président taïwanais Ma Ying-jeou à la tête du parti Kuomintang, au pouvoir. Il a été élu avec 92% des suffrages.

Le secrétaire général du Parti communiste chinois, par ailleurs chef de l’état chinois, Hu Jintao, a pris l’initiative de ces messages. Du côté de Taïwan, le président Ma Ying-jeou s’est félicité des relations Taïwan-Chine qui ont pris selon lui « le chemin de la paix ».

Province rebelle

Séparé de la Chine depuis 60 ans, Taïwan est encore considéré par la Chine comme une province rebelle.

Mais depuis 2008, les relations entre les deux états se sont améliorées, notamment grâce à un revirement politique à Taïwan. De fait, trois liaisons directes, postales, aériennes et maritimes, ont été mises en place depuis entre les deux territoires. Sur le plan économique, Taïwan souhaite également accueillir des touristes chinois, et faciliter dans son pays les investissements chinois.

Suite à ces messages, la presse chinoise évoque l’organisation prochaine d’un sommet entre les deux nations.

Une histoire commune et violente

Appartenant à l’empire colonial japonais mais peuplé d’une population de chinois, Taïwan, ancien comptoir portuguais alors baptisé Formose, redevient chinois à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. En 1945, les troupes chinoises de Chiang Kai-chek arrivent à Taïwan, et la République de Chine gouverne l’île. Le 28 février 1947, des émeutes éclatent et 30 000 Taïwanais sont tués. La loi martiale est proclamée, pour tenter de ramener le calme. Après sa défaite face aux communistes, Chiang Kai-chek se replie sur Taïwan avec quelques deux millions de chinois continentaux. Une dictature s’installe alors, régime politique dont le but avoué est la reconquête de la Chine continentale.

Quand Chiang Kai-chek meurt, son fils Chiang Ching-kuo mène une politique de démocratisation et de «taïwanisation» d’un gouvernement dont les leviers étaient jusqu’alors essentiellement tenus par les réfugiés de Chine continentale. Lee Teng-hui continue sa politique, qui aboutit en 1996 à la première élection présidentielle au suffrage universel direct, qui voit la victoire de Lee Teng-hui. Ce dernier restera toutefois fermement opposé à tout rapprochement avec la Chine, et c’est donc son successeur, Ma Ying-jeou, qui joue aujourd’hui l’ouverture.

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