4:55 - Mercredi février 8, 2012

Le déroutant retour de Jerzy Skolimowski

Si vous avez toujours apprécié de vous balader dans les rues mal éclairées d’Edimbourg à une heure avancée de la nuit les soirs d’hiver, si le gris est votre couleur préférée, si vous êtes un inconditionnel des films muets, vous ne devez manquer sous aucun prétexte le film du réalisateur polonais Jerzy Skolimowski, Quatre nuits avec Anna.

Révélation de la dernière Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2008 et salué par la critique, Quatre nuits avec Anna est un film pour le moins déstabilisant. L’histoire se passe en Pologne. Léon, un homme rustre, travaille au crématorium dans l’hôpital d’une ville située au milieu de nulle part. Sympa. Son passe temps favori consiste à suivre et à épier sa voisine Anna, une fille qu’il a vu se faire violer quelques années plus tôt. Léon ne fait pas que l’espionner: il s’introduit à quatre reprises chez elle une fois cette dernière endormie. On s’attend alors au pire mais Léon ne fait rien ou plutôt si: il rêve, en la contemplant, à un amour impossible.

Lent, long, Quatre nuits avec Anna est un film qui vous met mal à l’aise. Les paysages sont d’une tristesse à mourir, le ciel est gris en permanence, le climat pesant. L’absence de dialogue (deux ou trois répliques de-ci de-là, rien de plus) rend l’atmosphère encore plus sinistre.

Et pourtant, l’image est belle. L’histoire aussi. Après une heure vingt, on s’aperçoit que Léon n’est pas le monstre froid que l’on imaginait. Mais il faut tenir jusque là. Ne pas quitter la salle. Prendre son mal en patience. Et savourer les sept dernières minutes…

Quatre nuits avec Anna, film franco-polonais de Jerzy Skolimowski, 1h27

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